50ème Anniversaire de la Confrérie des Fins Palais de Saint-Pourçain en Boubonnais. Conclusions en forme de reconnaissance. Par Jean Cluzel, membre de l’Institut, ancien sénateur et président du Conseil Général, Grand Maître Honoraire de la Confrérie des Fins Palais

Cinquante ans se sont écoulés depuis la fondation de notre Confrérie par Marcel Édier. C’était au Château de La Grillère à Monétay-sur-Allier.

Ce lieu avait été choisi en raison de sa somptuosité,  mais aussi -détail peu connu- parce que, dans une partie des communs un élève de Gustave Eiffel avait copié les structures en poutrelles d’acier de … la Tour Eiffel ! Ce qui devait, nous avait-il semblé, aider la toute nouvelle Confrérie à intéresser  les Grands de ce Monde comme au temps du roi Henri IV.

Ils n’avaient pas tort ces visionnaires de 1962 puisque -année après année- les preuves de leurs réussites furent apportées.

Le 9e CHAPITRE

On me permettra de citer tout particulièrement le 9e chapitre au cours duquel Noël Passignat avait, le 15 novembre 1986, intronisé Simone Veil à laquelle le Grand Maître s’était adressé en ces termes : « Permettez-moi de vous dire Madame, combien est grande notre émotion d’accueillir celle qui a tant donné pour son Pays et dont le nom inspire à tous respect et admiration. »

La Reynière, le célèbre chroniqueur gastronomique du Journal Le Monde était également présent à l’Hôtel de Paris où se tenait le chapitre. Un autre ami se trouvait parmi nous, Paul Benmussa, patron du restaurant que fréquentait alors le monde des médias ; tout particulièrement ceux tout proches de RTL et d’Europe N° 1. Pourquoi rappeler leurs noms ? Tout simplement parce que Paul Benmussa avait mis le Saint Pourçain en bonne place dans sa carte des vins ; et que La Reynière, plusieurs fois chaque année, citait le Saint Pourçain dans les chroniques gastronomiques qu’il donnait au quotidien du soir.

De ces personnalités réunies à Moulins ce soir-là, il reste – reconnue de tous les Français- Simone Veil, élue depuis à l’Académie Française.

J’aurai également plaisir à citer l’entrée dans notre Confrérie de Jacques Barrot, un ami de 40 ans, un fidèle du Saint Pourçain, ancien Vice-Président de la Commission Européenne et, maintenant, membre du Conseil Constitutionnel, intronisé en juin 2008 par notre Grand Maître, Bernard Michel.

LES MÉDIAS ET NOS CONFRÉRIES BOURBONNAISES

Tout récemment, c’étaient les 10 et 11 septembre 2011, l’association  » Fêtes et Animations épaulée par la ComCom du pays Saint-Pourcinois » avait organisé l’opération Saint-Pourçain en Seine (ou sur Scène puisque c’était dans un square portant le nom de Tino Rossi).

Les quatre Confréries Bourbonnaises  associées pour l’animation,  ont procédé deux jours durant à plusieurs intronisations :
–     la Confrérie des Fins Palais de Saint Pourçain en Bourbonnais
–    les Compagnons de la Ficelle
–    la Confrérie du Pâté aux pommes de terre
–    la Confrérie de la Pompe aux grattons

Parmi de célèbres personnalités intronisées, on citera, au sein de la troisième, le nom d’une japonaise d’origine, Mayumi, épouse de Jean-Robert Pitte – Membre de l’Institut –adoubé le même jour dans la Confrérie des Fins Palais, lui qui fut le principal instigateur de la reconnaissance par l’UNESCO de la gastronomie française dans le patrimoine immatériel de l’humanité.

À ce moment, le monde s’est comme ouvert à nous puisque Madame Pitte, dans un livre consacré au légume de Parmentier (édité à Tokyo) a cité notre pâté aux pommes de terre !

Mais, entre ces deux dates, 1986 et 2011, il faut citer celle du jeudi 22 mars 1990, jour où M. François Mitterrand, Président de la République a commémoré, au niveau national, en l’Hôtel du département, le bicentenaire de la création des départements par l’Assemblée Constituante en mars 1790. Du Saint Pourçain lui fut offert au vin d’honneur mais, nous a-t-il dit : « Je  connais ce vin depuis longtemps car j’en ai entendu parler par mon camarade de captivité l’Abbé Leclerc, curé de Châtel-de-Neuvre. »

Signalons enfin, que le dimanche 18 décembre dernier à 12 h,  France 5 a consacré une demi-heure d’antenne à Jaligny, au cours de laquelle deux compagnons de la Ficelle entonnèrent de belle façon un hymne de reconnaissance à la gloire de notre vin. Tandis que le chroniqueur gastronomique Jean-Luc Petitrenaud chantait les mérites de la gastronomie bourbonnaise en citant restaurants et Chefs consacrés dans tout le département sans oublier les meilleurs fournisseurs qui permettent la qualité exceptionnelle de nos repas. Cette émission -très appréciée- fut plusieurs fois rediffusée.

AUX SOURCES DE LA LITTÉRATURE

Après les gloires politiques, académiques et médiatiques, nous avons aussi le droit de revendiquer les gloires littéraires qui -le fait est reconnu- ont toujours proliféré en Bourbonnais.

On peut débuter par Durand de Saint-Pourçain (1272 – 1336) qui -même si peu le connaissent de nos jours- fut l’un des plus illustres juristes du Moyen Age. Pas si éloigné de notre quête actuelle puisqu’il est -à son époque- réputé pour sa recherche d’un sens à la vie. Et l’on pourra citer au siècle suivant Blaise de Vigenère, poète et philosophe, dont le lycée porte le nom.

Ces deux écrivains permettent de situer  notre place dans l’Histoire littéraire ; mais elle n’est pas seulement celle du passé puisque foisonnent toujours sur ce territoire Saint Pourcinois les initiatives intellectuelles, comme des mini-universités, comme des carrefours. Il faut encore citer les traditions de l’édition comme BLEU AUTOUR, sans oublier les Cahiers Bourbonnais. C’est une qualité spécifique à la France tout entière, car s’il n’y a pas de bon bec que de Paris il n’y a pas davantage de bonne littérature que de Paris !

LES BIENFAISANCES DU VIN

Sachons les résumer avec une profonde reconnaissance :

–    le vin est une boisson de culture ; les civilisations européennes sont là pour le prouver depuis la Grèce, depuis Rome et même bien avant puisque l’on a retrouvé récemment -en 2007- une cuverie datée de 6100 avant Jésus-Christ ; c’était en Arménie.
–    nos exportations  -de vins et d’eaux de vie- représentent chaque année 10 milliards d’euros. Soit l’équivalent de 182 Airbus A 380 ou encore 405 rames de TGV . On le voit, dans la période de crise que nous traversons, le  vin est aussi un produit important.
–     Il est à notre économie ce que le pétrole est à d’autres, avec une qualité supplémentaire : celle de porter l’empreinte de notre culture pour ne pas dire de notre génie. En bref, de nous ressembler.

EN HOMMAGE AUX VIGNERONS

En ce jour de fête nos pensées iront également vers nos anciens, très anciens, puisque nous possédons dans nos archives une lettre datée de mars 1566 ! Elle avait pour objet de fixer les conditions de travail et de rémunération des vignerons dans la région de Moulins (particulièrement mal traités par rapport aux autres corporations à cette époque).

Nos pensées vont également à ceux qui eurent le courage de replanter les vignes après l’anéantissement du phylloxéra ; il y a de cela un peu plus d’un siècle.

Aucun n’a renoncé.

Et pas davantage ceux qui ont créé notre Confrérie, celles et ceux qui, aujourd’hui, la font si joyeusement vivre. Tout simplement, parce que, parmi nos qualités ancestrales, nous avons celle de la constance. Celle décrite par l’un de nos grands écrivains, Jacques de Bourbon Busset, qui la définissait en ces termes :

« Rien ne paie mieux que la constance parce qu’elle est à la fois le chemin et la progression sur le chemin. »

Ce qu’en ce jour nous traduisons parce qu’elle est la progression sur le chemin du Saint-Pourçain.

Jean CLUZEL
Membre de l’Institut
Ancien Sénateur et Président du Conseil Général
Grand Maître Honoraire de la Confrérie des Fins Palais

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