Allocution de Jean Mesnard, de l’Institut, à l’occasion de la remise du Grand prix 2011 de la Fondation Edouard Bonnefous

REMISE DU GRAND PRIX 2011

DE LA FONDATION ÉDOUARD BONNEFOUS

 Allocution de M. Jean MESNARD,

 Président du Jury

 

Monsieur le Chancelier,

Madame et Messieurs les Secrétaires Perpétuels,

Monsieur le Président,

Mes chers confrères,

Mesdames, Messieurs,

Il m’est très agréable, pour le quatrième et dernier mandat que m’ait confié M. le Chancelier de l’Institut de France en vue de présider le Grand Prix de la Fondation Édouard Bonnefous, d’avoir à fêter une initiative qui aurait été particulièrement chère au cœur du regretté Fondateur dont nous avons en même temps l’occasion de célébrer le précieux souvenir. Le Chancelier Bonnefous avait été en effet – il faut peut-être le répéter encore – un passionné d’écologie bien avant que l’opinion publique n’ait été submergée par le mot, sans arriver nécessairement à comprendre, ni à vouloir la chose. Il savait, pour sa part, que l’écologie ne pouvait se dispenser d’un traitement politique, car elle a partie liée avec la globalité, mais que la politique ne pouvait se réduire à elle sans grand risque de confusion. Il savait aussi qu’elle n’a pas seulement besoin de prophètes plus ou moins bien inspirés, mais surtout, qu’ils se placent au pouvoir, à ses alentours ou dans la société en général, de créateurs et d’animateurs, faisant preuve à la fois de bonne volonté, d’inventivité, de réflexion, de science et d’art de la communication. En somme, le rôle indispensable de l’État manquerait ou réduirait gravement son effet s’il n’était relayé, voire poussé par des initiatives ou des talents privés.

Il n’est donc pas surprenant qu’en tête des intentions manifestées par Édouard Bonnefous pour le choix des bénéficiaires des prix qu’il avait fondés figurent en tête – je le cite : « la politique de l’humain, la défense de la nature et des espaces verts », termes déjà rappelés par M. le Chancelier. Tous sujets évidemment liés dans son esprit et dont j’admire qu’ils soient exprimés sans recours à aucun néologisme, preuve de leur caractère fondamental et de leur relation effective à l’humain. Il est temps que je fasse valoir le Grand Prix que nous allons décerner comme une parfaite application des principes ainsi posés. Ce Grand Prix a été attribué à l’association dite Terre de liens, dont le titre fait ressortir le double souci écologique et humain. Il s’agit en effet de prévoir une certaine organisation de la terre agricole permettant de la rendre accessible à une population motivée et formée, en l’orientant vers les cultures biologiques et vers la préservation du paysage naturel, par modération  de la culture intensive. Le tout obtenu par le recours à des moyens juridiques, financiers, techniques, aboutissant à la création de fermes d’un genre nouveau, gérées au sommet par les responsables de l’Association, et susceptibles de s’insérer dans un univers campagnard certes conçu autrefois différemment, mais dont les vides de plus en plus nombreux seront ainsi comblés, souvent avec avantage. Des résultats très considérables ont été déjà obtenus à cet égard.

On voit ainsi apparaître un important élément humain du système, consistant dans l’accroissement nécessaire et l’animation du monde agricole. Mais l’Association est aussi parvenue à atteindre des objectifs encore plus complexes. Elle vise en effet à créer des solidarités entre le monde rural et le monde urbain. Elle y parvient en premier ressort par sa gestion financière elle-même, par l’union qui se réalise entre

les bailleurs de fonds de l’entreprise, donateurs ou actionnaires, et des uns et des autres avec les bénéficiaires des apports consentis. Elle se donne enfin pour mission de promouvoir en tous lieux, et même jusqu’à l’horizon européen, les mérites de l’écologie, en unissant, me semble-t-il, une volonté humaniste, une base scientifique sans concessions à l’idéologie, et un sens de l’organisation très mobilisateur.

Le Grand Prix Édouard Bonnefous de l’Institut de France est décerné à l’association Terre de liens pour récompenser ses actions et soutenir la construction d’un réseau européen d’acteurs fonciers.

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