Extrait de l’entretien avec Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, paru dans le livre « Aventures littéraires » de Jean-Jacques Lefrère et Michel Pierssens

Portrait de Jean-Marie Rouart par Louis Monier

Histoires littéraires : Vous avez dirigé le supplément littéraire du Figaro jusqu’en 2003. A présent, votre retrait du Figaro vous donne sans doute quelque recul pour juger la critique littéraire contemporaine.

Oui, je crois en l’histoire littéraire. Je ne crois pas à la critique littéraire dans ce sens que je considère que c’est un jeu, un jeu que j’ai fait tout à fait sérieusement. C’est la position de Gracq, qui n’a jamais participé à la critique littéraire et qui disait : quelle sottise que la critique littéraire, « expert en objets animés »! Et au nom de quoi ? Tout le monde s’est trompé, et j’avais moi-même la certitude que…

Que c’était un jeu inutile ?

Non, pas inutile, mais j’étais tout de même conscient d’avoir toutes les chances de me tromper. Quand on voit que Barbey d’Aurevilly a passé son temps à dire du mal de Flaubert, cela met tout de même la barre assez haut… Il n’est pas possible que tout le monde aime même des choses excellentes, pensez à Valéry par rapport à Proust.

Certes, mais vous citez l’exemple d’un écrivain qui parle d’un autre écrivain. Il lui manque peut-être l’indépendance de regard du critique qui n’est pas un auteur de métier.

Je ne crois pas à la supériorité des critiques qui ne sont que critiques. Qu’est-ce que ça veut dire, n’être que critique ?

Toutes les photographies présentes dans le livre Aventures littéraires sont de Louis Monier.

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