Miracle à Waterloo ! Une chronique de Singapour par Françoise Thibaut, Correspondant de l’Institut

Connaissez vous Waterloo street a Singapour ? C’est une rue miraculeuse, pas absolument jolie ni très arborée (contrairement à beaucoup d’autres) mais qui, très largement piétonnée, rassemble sur elle un melange assez inoui ; elle commence à Brass Bassah pour ensuite couper Middle Road et se terminer au debut de Little India, vers Bugis. D’abord, la si jolie Fondation catholique Saint Joseph, créée en 1852, francaise, d’un blanc éclatant, transformée en Centre d’art ; derrière elle, les Methodistes avec un Temple et des dépendances ; en face une synagogue et la fondation juive Jacob Ballas, en jaune évidemment, un bâtiment superbe ; après, au numéro 42, un restaurant mexicain, casa latina – on se demande ce qu’il fait là – et, lui faisant face le Catholic Welfare center.

Au numero 54 l’Ecole de Calligraphie chinoise de Singapour, très réputée, et au 60 l’Ecole de danse dans un étonnant bâtiment mauve, laquelle enseigne aussi les arts martiaux de Chaolin. Dans un jardin, le SCOW, c’est a dire le Singaporian Council of Women s’occupe de la protection juridique des femmes, et une des plus anciennes chapelles du centre ville, peinte en orange, cela sous l’oeil d’un immeuble de banque chinois dénommé « Fortune »! Il fallait y penser… en face, dans un immeuble à galerie un peu ancien, le Tamford of Arts qui enseigne le dessin et la peinture aux adultes, et, lui faisant face, le Sri Krishnan Temple dont la première version fut édifiée en 1870, reconstruit en 1959 et enfin, le Kwan Im Temple bouddhiste, un des plus fréquentés de la ville, et pas du tout par des touristes ; une foi extraordinaire se dégage de cet endroit. On nage dans l’encens, les offrandes et les fleurs… le marché de Bugis commence juste après, avec ses étales de fruits, de fleurs et de légumes mystérieux. On y trouve aussi avec un peu de patience, des Rolex à 50 dollars et des vrais faux sacs Chanel… on peut aussi y chopper une puce (cela m’est arrivé une fois) mais c’est par pure amitié. Les japonais, avant de partir en 1945, avaient totalement rasé cette rue légendaire, mais elle a été reconstituée avec amour et patience. Voila cet étonnant amalgame… une sorte de miracle, en somme.

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