Détective de l’Histoire. Entretiens de Jean Tulard avec Yves Bruley. Par François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques

En couverture du livre, Jean Tulard regarde à la loupe un buste de Napoléon. La loupe, instrument même du détective à la recherche d’un détail qui aurait échappé à l’œil nu. Voici donc ce qui aurait pu nous échapper non pas dans l’histoire de Napoléon mais dans celle de Jean Tulard – dont nous savions depuis son élection en 1994 à l’académie des sciences morales et politiques qu’il était le prototype du bon élève et que son élection fut son prix d’excellence. D’où vient donc sa vocation d’historien ? En regardant à la loupe, celle d’Yves Bruley, on découvrira qu’elle lui est venue de la fréquentation des peintres pompiers. Parce que ceux-ci illustraient les belles éditions de Flaubert et de Dumas où notre confrère a trouvé son inspiration.

Et si l’on se demande pourquoi Jean Tulard est devenu à ce point un expert de Napoléon et du Premier empire, la réponse apparaîtra à travers la loupe : à cause de la préfecture de police. Car il s’intéressait à cette institution et que celle-ci avait été créée par l’empereur.

On y ajoutera un détail supplémentaire : le professeur qui enseigna Napoléon à notre détective s’appelait Marcel Dunan, or celui-ci avait pour trait particulier de servir chez lui du chambertin, le vin préféré de l’empereur, dans des verres de l’archiduc Charles, battu à la bataille de Wagram.

C’est ainsi que dans ces souvenirs en forme d’échanges à bâtons rompus, on saura tout de l’historien et du chroniqueur, de l’amateur de romans policiers et de bandes dessinées, du cinéphile et du gastronome qui reçoit depuis quarante-cinq ans à la table 11 du Balzar.

On saura aussi qu’il eut, de 1971 à 2003, en son amphithéâtre Guizot de la Sorbonne – Guizot notre fondateur – qu’il eut donc jusqu’à cinq cents étudiants par an. On ne peut que souhaiter à ces quelque seize mille fidèles et à tant d’autres de retrouver dans ces trois cents pages la vie, l’œuvre, la profondeur, la richesse et l’humour de notre ami – dont faute d’en avoir écrit la préface comme il le fait si souvent, il en a tout de même rédigé la postface.

François d’Orcival

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