Exposition : « Le néon dans l’art des années 40 à nos jours ». Par Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Institut

Le tube de néon, dernier pinceau du peintre ?  Dans le monde des couleurs toute nouveauté est la bienvenue. Jamais DUFY, n’aurait pu peindre, en quelques mois, les 250 panneaux de La Fée Electricité, sans la découverte d’une émulsion permettant de travailler comme pour une aquarelle, avec les qualités de la peinture à l’huile. Même transformation pour ALECHINSKY, lorsqu’il utilise la peinture acrylique, qui lui apporte fluidité et rapidité, ainsi que pour MATISSE découpant les formes dans le papier coloré, et faisant oublier la dualité du dessin et de la couleur.

Pas toujours aussi spectaculaire, mais très riche l’exposition des quatre vingt peintres, réunis jusqu’à la fin mai, autour du néon dans l’art des années 1940 à nos jours, à la fondation de la Maison rouge. Je ne peux les citer tous, mais insisterai les PIONNIERS.

D’abord Dan FLAVIN, qui n’a jamais cessé d’enlever au néon ce  qu’il comportait de publicitaire, de consommation  pour en faire par leurs formes, leurs volumes, de véritables sculptures.

Pour Joseph KOSUTH, le propos est différent : utiliser le néon dans « l’art conceptuel », c’est-à-dire le résumer au langage. En octobre 20O9, il traçait quelques phrases sur les pierres de fondement du Louvre. A la Maison rouge, il écrit avec un néo blanc posé sur un support noir « NEON ».

A sa suite, les MOTS prendront souvent toutes les couleurs, sur les fonds les plus divers. « La lumière parle » et les artistes contemporains aiment souvent parler.

« Rien, Espérance, Pour qui ? Error, War, Exil, Just love men, Pale incision…» ALBEROLA, KOWWALSKI, Kendel  GEERS, MERZ, TRACEY, EMIN, Jean-pierre BERTRAND s’interrogent eux-mêmes. Des mots inversés, des successions de chiffres…trop de mots devenus illisibles avec Jason RHOADES qui sous-titre « Untitled ».

Aussi pionniers FONTANA, lorsqu’en 1965, il éclaire, derrière Concerto Spaziale, l’alignement des points dont il avait percé sa toile,  CRUZ-DIEZ , quand il sature toute une pièce d’un violent néon, MORELLET, lorsqu’il n se contente plus de simples formes géométriques, mais fait bouger ses rectangles dans l’espace, MERZ, allumant une suite numérique  derrière un lézard, ou SARKIS teintant une vaste chevelure de fils de néons. Le plus subtil et le plus discret reste Martial RAYSSE soulignant seulement d’une ligne de lumière le bord d’un bras d’une de ses trois baigneuses inondées de couleurs acryliques.

Pour ne pas transformer cet anthologie en dictionnaire, l’exposition se termine par des images et des vidéos de LUMIERES BRISEES dans les locaux mêmes de la Maison rouge.                                                      

Jacques-Louis BINET

La maison rouge
10 boulevard de la bastille
f – 75012 paris
tel. +33(0) 1 40 01 08 81
ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
métro : quai de la rapée ou bastille
RER : Gare de Lyon
accessible aux personnes handicapées

 

 

 

 

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