Synthèse du livre Le fils, prix Jean Bernard 2011, par Elodie Courtejoie

Le jury du prix littéraire Jean Bernard réuni le 16 septembre 2011 (1) a décerné son prix  sans grande difficulté à Michel Rostain, pour Le fils, publié chez Oh ! éditions.

Déjà prix Goncourt du premier roman pour cet ouvrage, ce second prix conforte dans le fait que le récit de Michel Rostain, en grande partie autobiographique, est à se procurer absolument.

Le fils observe le processus de deuil enclenché chez ses parents. Il vient de mourir d’une méningite foudroyante à 19 ans. L’auteur évoque ainsi son expérience à la troisième personne du singulier.

 «  Le onzième jour après ma mort, papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu’il renfile mon odeur. […] Papa pleure, le nez dans le coton. Il évite les regards, il fait des détours bien au-delà du nécessaire, il prend à droite, rue Obscure, il redescend, puis non, il remonte […], il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse  enfin la porte du magasin ».

Ambiance. Dès les premières pages, le père est perdu. La mère aussi. Ils réalisent, ne réalisent plus, puis la douleur leur revient comme un boomerang. Si, Lion est mort. Ce n’était pas prévu. Ce n’était pas dans l’ordre des choses. Il faut appeler les amis de Lion, réceptionner son courrier, mentionner le décès sur le livret de famille, prévenir la sécurité sociale, ranger les affaires et découvrir ses secrets d’adolescents.

Comme un ex-voto et pour conjurer le sort, le père ne cesse de crier « Vive la vie ! ». Son roi, son fils unique et adoré n’est plus. Mais la vie continue, sans lui.

 

Ne croyez pas que Michel Rostain, metteur en scène de renom, donne dans le pathos. Il ressort de cette lecture un parcours initiatique, fait de désespoir, de colère, de résignation et d’acceptation. Mais aussi d’amour et de reconstruction qui mènera le couple orphelin de leur enfant dans le désert volcanique islandais pour y disperser ses cendres.

A la fois émouvant et drôle, Michel Rostain nous parle avec finesse, simplicité et force de cette épreuve. Et nous dit que oui « on peut vivre avec ça ».

 

Elodie Courtejoie, membre du jury

 

 

Le fils, Michel ROSTAIN, Oh Éditions, janvier 2011, 177 pp.

Prix Jean Bernard 2011

Prix Goncourt du premier roman

 

 

(1)   Le prix littéraire Jean Bernard de l’Académie de médecine, récompense une œuvre ayant trait à la médecine. Plus d’informations sur le site de l’Académie de médecine-

 

 

 

 

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