Paul POIRET, dès 1906, jette définitivement le corset des femmes aux orties, puis une « modiste » sortie d’on ne sait d’où – Gabrielle Chanel – invente de souples costumes inspirés du vestiaire du duc de Westminster, des vareuses de marins-pêcheurs, des capotes des poilus de la Grande Guerre. Les femmes des villes coupent leurs cheveux, raccourcissent leurs jupes, se séparent de toutes fanfreluches encombrantes, indécentes en ces temps difficiles.

Les Années 20 – Années Folles – celles aussi, selon Ernest Hemingway de la génération perdue, voient s’épanouir un redoutable quatuor féminin qui, ciseaux en main, épingles à la bouche, crée et magnifie la couture parisienne : Chanel bien sur, avec son subtil instinct et son agaçante insolence, Elsa Schiaparelli qui s’empare du « sportwear » et de l’extravagance, et 2 jeunes femmes d’exception, aux parcours assez parallèles : Madeleine Vionnet et Jeanne Lanvin. Read the rest of this entry »

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Mes Confrères voudront bien me pardonner de commenter ici un livre dont j’ai rédigé moi-même la préface.

Le Professeur Simon a exercé ses talents à Harvard, à l’INSEAD, au MIT. Il a été Président de l’European Marketing Academy et il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages traduits en vingt-cinq langues.

Tout d’abord, le lecteur peut être intrigué par l’expression « champions cachés » qu’il peut considérer comme un oxymore. Peut-on être à la fois champions et cachés ? Eh bien, la réponse d’Hermann Simon est positive. Read the rest of this entry »

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C’est curieux : j’ai mis plusieurs semaines avant de me décider à écrire ce papier, concernant la pièce de théâtre qu’Eric-Emmanuel Schmitt a, à son tour, tiré du Journal d’Anne Frank, car j’hésitais sur ce que je voulais vous dire et mettre essentiellement en avant. Je viens d’y arriver…

BROUTILLES

Après réflexion, certains agacements me semblent ne pas mériter grande attention :

– Le fait que l’actrice choisie, Roxane Duran, ait six ans de plus qu’Anne Frank n’avait lorsqu’elle a commencé à écrire son Journal. Mais quelle fraîcheur !

– La théâtralisation extrême du jeu de Francis Huster dans le rôle du père, à travers qui toute cette histoire est revécue. Mais dans quelles circonstances une telle dramatisation pourrait-elle mieux se justifier ?

– L’univers musical – Glen Miller, Rina Ketty – mis en avant  et dont il semblerait curieux que les protagonistes aient pu, dans la réalité, le partager. Mais pour nous, quel écho contrasté d’une époque! Read the rest of this entry »

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Photographie de Michel Serres par Louis Monier

Histoires littéraires : Vous êtes devenu un académicien français assez atypique. Comment vivez-vous ce statut d’académicien ?

Je suis entré à l’Académie pour une raison toute simple. Je n’arrivais pas à trouver de crédit ou d’argent pour poursuivre mon projet de publier mon Corpus des oeuvres de philosophie en langue française. La première fois que l’on m’a proposé de rentrer à l’Académie, j’ai d’abord refusé, puis je me suis rendu compte que c’était un moyen de trouver des subsides. Pendant quinze ans, cela a fonctionné. […] C’est une position pour juger l’état de la langue. Mais ce n’est rien de plus : je me retrouve souvent en opposition avec mes collègues, sur la féminisation entre autres. Read the rest of this entry »

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« LA DERNIERE BANDE« , pièce de Samuel Beckett, a été créée à Londres, en 1958. Le futur Prix Nobel de littérature avait 48 ans. C’était un an après « FIN DE PARTIE »; et trois ans avant « OH LES BEAUX JOURS ». Le point de départ de la pièce : chaque année depuis très longtemps, le jour de son anniversaire, un intellectuel enregistre sur bande magnétique quelques impressions à propos des douze mois écoulés; et réécoute des enregistrements anciens. Cette année-là, l’ours reclus et silencieux redécouvre, au détour d’une très vieille bande, qu’un jour il a aimé…

LES RIENS ET LE TOUT

Beckett, c’est le théâtre des petits riens mais des petits riens qui sont le marchepied de l’essentiel : la préhension physique, psychique, morale, de l’essence de la vie et du mystère de la mort. Avec des riens, Beckett plonge au coeur de la solitude la plus aride; dans le creuset de la détresse humaine, lorsque la vie fait presque définitivement relâche. Le temps à occuper prend une dimension irrésistiblement tragique, la vie ne reprenant un semblant de force que dans les piqûres de rappel d’un passé aléatoire. Et lorsque d’une lointaine jeunesse surgit un ersatz de grand sentiment, cet ersatz douloureux est violemment rejeté, avec tout le mépris porté aux illusions. Read the rest of this entry »

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Portrait de Jean-Marie Rouart par Louis Monier

Histoires littéraires : Vous avez dirigé le supplément littéraire du Figaro jusqu’en 2003. A présent, votre retrait du Figaro vous donne sans doute quelque recul pour juger la critique littéraire contemporaine.

Oui, je crois en l’histoire littéraire. Je ne crois pas à la critique littéraire dans ce sens que je considère que c’est un jeu, un jeu que j’ai fait tout à fait sérieusement. C’est la position de Gracq, qui n’a jamais participé à la critique littéraire et qui disait : quelle sottise que la critique littéraire, « expert en objets animés »! Et au nom de quoi ? Tout le monde s’est trompé, et j’avais moi-même la certitude que… Read the rest of this entry »

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Non contente d’avoir irrémédiablement dérangé le malheureux Jean-François La Pérouse dans son repos – qu’il croyait éternel – au sein des bienfaisantes vases des hauts fonds de Vanikoro (où son bateau L’Astrolabe fit naufrage en 1788), l’archéologie sous marine, avec les puissants moyens dont désormais elle dispose, prévoit de renflouer le Thésée, vaisseau de guerre de 74 canons, coulé par les Anglais lors de la bataille navale des Cardinaux le 21 novembre 1759. Read the rest of this entry »

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On connaît l’argument de « LA CONVERSATION », le dernier livre de Jean d’Ormesson, adapté au théâtre avec la célérité de Bonaparte au Pont d’Arcole : un soir de l’hiver 1803-1804, Bonaparte, Premier consul, s’entretient avec Cambacéres, Second Consul. Le futur Napoléon explique au grand juriste-administrateur à quel point le système du Consulat à vie lui paraît bancal; et conclut à la nécessité d’instaurer un Empire, qu’il conçoit déjà comme conquérant et glorieux.

 

 

HORS NORMES

Le Bonaparte de Jean d’Ormesson n’est pas une figure abstraite. Cest un être vif, nerveux, impatient, véhément, d’une énergie contrainte ou libérée, et même parfois violemment libérée. Mais aussi, manipulateur, malicieux, drôle à l’occasion. Et, surtout, prodigieusement intelligent, visionnaire, en osmose avec l’Histoire, habité par la certitude d’avoir un destin grandiose. Jean d’Ormesson le peint comme rêvant déjà, en 1804, d’avoir le monde à ses pieds, quitte à faire la guerre à tous ou presque. La mégalomanie est là, creuset de l’inéluctable échec final. Read the rest of this entry »

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« Né sous le Premier Empire », peu après la Bérézina, quand le rêve napoléonien tourne au désastre, et « mort sous le petit père Combes » quand, pour lui, la République va mal, Henri Wallon a traversé tous les régimes et toutes les secousses : la révolution de 1830 et la Monarchie de Juillet, celle de 1848 et la seconde République, le retour à l’Empire, la guerre de 1870, la Commune et enfin la IIIe République jusqu’à l’affaire Dreyfus, peu de temps avant la séparation de l’Église et de l’État. Si son nom est connu aujourd’hui, l’homme est trop peu connu disait encore Maurice Schumann à l’occasion du centenaire de l’amendement dit « amendement Wallon », fondateur de la République en 1875. L’histoire d’Henri Wallon aide à comprendre son amendement.

Une personnalité se forge

Henri Wallon grandit sous la Restauration à Valenciennes, puis à Douai pour sa dernière année de secondaire au collège royal. Read the rest of this entry »

Les prix Allen ont été fondés il y a vingt-sept ans par Jean Cluzel, président honoraire de Canal Académie. Chaque année une dizaine de personnes, dont l’œuvre met en valeur le patrimoine culturel du bourbonnais et plus généralement de la France, sont ainsi distingués.

En octobre 2012, le Grand Prix de littérature bourbonnaise a été remis, par Hélène Renard, directrice générale de Canal Académie, à Jeanne Cressanges, pour son livre « Je vous écris du Bourbonnais ».

Mesdames, Messieurs, chers amis

Si chaque année, c’est un plaisir renouvelé de remettre l’un des prix Allen, – j’avais remis en 2009 le Grand Prix Allen de la Francophonie, à deux professeurs éditeurs libanaises, puis en 2010 à Laurent Mellier, de l’Alliance française de Washington ; en 2011,  le prix du « parler bourbonnais » à David Gaillardon,  c’est la 1ère fois que je remets le Grand Prix de Littérature bourbonnaise. Et remettre un tel prix à un auteur aussi chevronné que, vous, chère Jeanne Cressanges, est véritablement, outre un plaisir, un honneur. Read the rest of this entry »

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