Hélène Renard

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Les prix Allen ont été fondés il y a vingt-sept ans par Jean Cluzel, président honoraire de Canal Académie. Chaque année une dizaine de personnes, dont l’œuvre met en valeur le patrimoine culturel du bourbonnais et plus généralement de la France, sont ainsi distingués.

En octobre 2012, le Grand Prix de littérature bourbonnaise a été remis, par Hélène Renard, directrice générale de Canal Académie, à Jeanne Cressanges, pour son livre « Je vous écris du Bourbonnais ».

Mesdames, Messieurs, chers amis

Si chaque année, c’est un plaisir renouvelé de remettre l’un des prix Allen, – j’avais remis en 2009 le Grand Prix Allen de la Francophonie, à deux professeurs éditeurs libanaises, puis en 2010 à Laurent Mellier, de l’Alliance française de Washington ; en 2011,  le prix du « parler bourbonnais » à David Gaillardon,  c’est la 1ère fois que je remets le Grand Prix de Littérature bourbonnaise. Et remettre un tel prix à un auteur aussi chevronné que, vous, chère Jeanne Cressanges, est véritablement, outre un plaisir, un honneur. Read the rest of this entry »

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L’une des plus belles vues de Paris est, à mon goût, la perspective qui s’ouvre lorsque l’on sort de la Cour Carrée du Louvre pour traverser la passerelle des Arts vers le Palais de l’Institut de France. Il n’est  pas surprenant qu’elle ait inspiré nombre d’artistes, peintres, pastellistes, aquarellistes, comme en témoigne  la collection de tableaux qui orne les murs de l’un des salons de l’Institut.  La majeure partie semble dater du XIX è et du début du XX è siècle. Les styles en sont divers et je ne sais pas qui a pensé à réunir toutes ces toiles représentant la Seine, les quais, avec quelquefois des travaux ou des tas de sable, les péniches, la bibliothèque Mazarine et la Coupole.

© B.Mazodier

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Les éditions du Gui proposent en un beau livre le fac similé des lettres échangées entre Voltaire et le duc d’Uzès, le 8ème du nom, Charles-Emmanuel de Crussol. Pourquoi ce livre ? l’actuel duc d’Uzès, Jacques de Crussol, pense, à juste titre, que ces écrits appartiennent à la mémoire collective de notre temps. De plus, cette correspondance, partiellement inconnue, révèle toute une époque, la seconde moitié du XVIIIe siècle,  et si Voltaire est internationalement célèbre, il importait d’ajouter ces lettres à son oeuvre.

Voltaire et le duc d'Uzès

A cet intérêt littéraire et historique s’ajoute le plaisir de la lecture car les deux épistoliers sont d’un commerce amusant. Charles-Emmanuel d’Uzès est « un personnage vif et attachant » (dixit son descendant), surnommé « le bossu » à la suite d’une blessure reçue à la bataille de Parme en 1734. Son visage, sur le tableau qui le reproduit, est d’ailleurs fort aimable, souriant, presque coquin. Il parait que ses frasques ( pour adultère affiché) lui ont valu d’être exilé deux fois à Uzès… On trouve donc ici les lettres échangées depuis 1751 jusqu’à 1757. Le fac similé a l’intérêt de mettre sous nos yeux une écriture magnifique, parfaitement lisible, élégante tant dans la forme (des majuscules joliment calligraphiées) que dans le fond. Ces fac-similés couvrent une centaine de pages puis vient la retranscription intégrale (respectant l’orthographe du temps) avec des notes qui permettent de mieux situer les événements et les personnages.

Voltaire signe « chambellan du Roi de Prusse », fonction qu’il a occupée, comme on sait, trois années auprès de Frédéric le Grand jusqu’en 1753. Ses lettres sont envoyées de Berlin, de Postdam, mais aussi de Genève (aux Délices) lorsqu’il se retire dans ses retraites « hallobroges et helvétiques » comme il l’écrit. Celles du duc, de plusieurs villes de France, grandes ou petites et de ses fiefs  : Marseille, Prangin, Florensac… et d’Uzès bien sûr où il donnait de somptueuses fêtes.  Ils parlent de tout ! de leurs amis et de leurs ennemis, de théâtre et de littérature, de foi et de religion,  de l’état du monde, et aussi de leur santé, car ce sont tous deux de vieux messieurs : Crussol, né en 1707, atteint les 50 ans et Voltaire, né en 1694, le dépasse à peine, 57 ans… Le ton est pétillant et savoureux, l’ironie n’est jamais loin. Autre intérêt de ce bel ouvrage : la biographie de Charles Emmanuel de Crussol, par son descendant (le 17ème du nom), et l’histoire de cette Maison, car on elle croise la grande Histoire de France. On s’attache aussi aux figures féminines, les duchesses d’Uzès, d’Anne-Marguerite de Bullion de Fervaques (sa mère) et Emilie de La Rochefoucauld (son épouse, le mariage a lieu quasiment en même temps que celui de Louis XV (1725).

Enfin, vers la page 150, nous est proposée une étude signée Philippe Lamarque, historien et essayiste (plusieurs de ses ouvrages ont été distingués par des prix des académies), intitulée « Voltaire, les Lumières et l’aufklärung ». Une étude qui aborde Voltaire sous tous les aspects :  la famille Arouet, la jeunesse et l’éducation, mais aussi l’anagramme choisi pour pseudonyme  : AROVELTI qui donnera Voltaire. Il semble qu’il faille y trouver un jeu d’esprit typique des Lumières. Analyse aussi du fameux Ecrasons l’infame, avec ou sans accent sur le â…  Philippe Lamarque propose une étude des armes et des blasons, de France et de Prusse, qui permettraient une autre lecture des relations de Voltaire avec les grands de son époque. De même qu’il nous propose de nous remémorer les trois grandes affaires judiciaires : Calas, Sirven et Lefebvre de La Barre plus une dernière, celle de Lally-Tollendal. Qu’en est-il du prétendu déisme à la Voltaire ? là encore, l’analyse de Philippe Lamarque mérite une lecture attentive. On apprécie également les photos du château ducal d’Uzès, dit Le Duché, sa façade renaissance dûe à Philibert Delors, les salons, la toiture de la chapelle en tuiles vernies, la tour Bermonde… et les photos de la maison des Délices à Genève qui abrite aujourd’hui l’Institut et le musée Voltaire.  La qualité des différentes composantes de ce beau livre relié toile sous jacquette séduira autant les amateurs d’histoire que les bibliophiles et justifie amplement le prix de 95 euros.

Editions du Gui, Lathuile- haute Savoie.

Hélène Renard

– Lire des extraits du livre en cliquant ici.

– Version du livre en pleine toile sous jaquette

– Version du livre pleine peau sous étui relieur

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C’est l’exposition consacrée l’an dernier aux « vestiaires de divas » qui m’a fait découvrir ce lieu exceptionnel qu’est, à Moulins, dans l’Allier, ouvert depuis 5 ans, le Centre national du Costume de Scène (CNCS, en abrégé, à ne pas confondre avec CNRS !). Exceptionnel par le cadre, un bâtiment du XVIII e, entièrement rénové, ancien logis des cavaliers du roi sous le commandement du maréchal Villars… et qui, aujourd’hui, sert d’abri de conservation, de réserve,  à plus de 9000 costumes de scène de théâtres nationaux, ballets et opéras. Et surtout qui propose des expositions éblouissantes. Pourquoi ? Parce que les costumes ne sont pas alignés les uns à côté des autres, un peu bêtement. Non. Ils sont « mis en scène », valorisés et exposés par une scénographie spécifique autour d’un thème (Noureev, les bêtes de scènes, les opéras russes, Christian Lacroix, et d’autres).

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