théâtre

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Il y a plusieurs choses que je n’ai pas comprises en découvrant l’adaptation théâtrale -en soi, très opportune- d’un des romans les plus célèbres de Voltaire, « Candide », par Emmanuel Daumas, responsable également de la mise en scène. Spectacle proposé par la Comédie Française, dans ce sanctuaire pour oeuvres-bijoux que constitue le Studio-Théâtre :

– Pourquoi ce décor de salle d’opération ou d’arrière-salle de grand café ?

– Pourquoi ce ton, souvent proche de la vulgarité, quand on sait que Voltaire tenait par-dessus tout à l’estime et à la reconnaissance d’un univers bourgeois et aristocratique sophistiqué ? Read the rest of this entry »

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Pour les Fêtes, je vous propose une sélection de dix spectacles parmi tous ceux que j’ai vus depuis l’excellente rentrée de septembre. Vous me permettrez de vous estimer assez, pour ne pas m’en tenir à la gaudriole…

 

A- GRAND REPERTOIRE FRANCAIS

 

1 Cf. chronique 33 : « LA PLACE ROYALE », de Corneille.

– Par la Troupe de la Comédie Française.

– Avec, entre autres, Denis Podalydès.

– Mise en scène d’Anne-Laure Liégeois. Read the rest of this entry »

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Ce discret sanctuaire des spectacles parisiens qu’est le Théâtre de l’Oeuvre présente une version théâtrale du « monument » romanesque que Céline publia en 1932, « Voyage au bout de la nuit ». Dans une adaptation, intelligente et économe, de Nicolas Massadaud. Un seul comédien sur les planches : Jean-François Balmer. Une mise en scène de Françoise Petit associant sobriété et maîtrise. Mais aussi, une étonnante puissance d’évocation : en disant cela je pense, en particulier, aux représentations vidéo du ciel dans la nuit.

BIEN VU

Par ses provocations tranquilles et son humour noir-tombe le texte du « Voyage » se prête fort bien à une adaptation scénique. Et encore plus par la langue de Céline, cette langue si populaire, à force d’attention et de travail.

La sélection des textes m’a parue remarquable, concernant la guerre, l’Amérique et le retour en banlieue. Je suis partagé, par contre, concernant l’Afrique. Il me semble qu’une plus grande place aurait pu être donnée à certains textes féroces, sur la médiocrité et la méchanceté humaines. Read the rest of this entry »

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« Liberté, que de crimes on commet en ton nom! » : ce pourrait être le sous-titre de cette « PLACE ROYALE », de Corneille, présentée aujourd’hui par la Troupe de la Comédie-Française.

Une oeuvre qui correspond au Corneille première manière, auteur de comédies. Lorsqu’il crée « LA PLACE ROYALE« , en 1634, il n’a que 28 ans, mais déjà quatre pièces de ce type derrière lui.

MINE DE RIEN

Comédie ou pas, « LA PLACE ROYALE » pose deux des grandes questions de l’histoire de l’humanisme : celle de la dialectique passion-raison; celle de la dualité soi-les autres. Read the rest of this entry »

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Voici deux pièces, profondes, sur les mystères de chacune de nos vies, et qui résonnent comme des appels à tendresse. L’une, sur la grandeur des humbles. L’autre, sur la dignité anonyme des gens qui se laissent aspirer dans l’entonnoir de la médiocrité, et ne s’en rendent compte que trop tard.

« DES SOURIS ET DES HOMMES :

LA CULTURE, DEBOUT !

Cette présentation des « SOURIS ET DES HOMMES » au Théâtre 14, adaptation théâtrale du roman de Steinbeck, mis en scène et interprété par Jean-Philippe Evariste et Philippe Ivancic, est le fruit d’un petit miracle : monté, dans un quasi anonymat, en 2002, ce spectacle a trouvé immédiatement son public, au point de faire l’objet de trois tournées en France et de deux reprises à Paris ! Puissance et magie du bouche à oreille. Non, la culture n’est pas morte ! Read the rest of this entry »

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Les hasards de la programmation font que deux pièces de Labiche se côtoient actuellement sur les affiches. Deux de ses 170 spectacles, de volume et d’ambition contrastés.

« EMBRASSONS-NOUS FOLLEVILLE ! » :

SIMPLICITÉ ASSUMEE

Avec « EMBRASSONS-NOUS FOLLEVILLE ! », une heure de spectacle, l’affaire est, à tous points de vue, menée avec célérité. Même si dans les toutes premières minutes on peut craindre le pire :la construction, les ressorts utilisés, tout donne l’impression d’une oeuvre « facile », d’un « Au Théâtre ce soir », niveau élémentaire, prisme Belle Epoque. Y compris dans l’intrigue : un mariage dans la haute aristocratie, sous Louis XV ; l’amour peut-il triompher des calculs ? Tout reposant, bien entendu, sur des quiproquos et le mélange des genres. Read the rest of this entry »

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A l’aube de la période des fêtes, trois pièces pour rire, qui jouent chacune leur propre carte : la 1°, la carte de la provocation; la 2°, celle de l’absurde; la 3°, celle de la franche rigolade. Si vous acceptez de jouer le jeu…

« QUE FAIRE DE MR SLOANE ? » :

TONIQUEMENT MALSAIN

Banlieue de Londres, dans les années 60 : qu’est-ce qui se passe lorsqu’un jeune assassin, beau garçon, loue une chambre dans une maison plantée au milieu d’une décharge et qu’il y rencontre une femme paumée et nymphomane; son frère, grande folle argentée; et leur père, vieillard épris d’ordre, qui reconnaît dans le beau gosse l’assassin de son patron ? Read the rest of this entry »

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C’est curieux : j’ai mis plusieurs semaines avant de me décider à écrire ce papier, concernant la pièce de théâtre qu’Eric-Emmanuel Schmitt a, à son tour, tiré du Journal d’Anne Frank, car j’hésitais sur ce que je voulais vous dire et mettre essentiellement en avant. Je viens d’y arriver…

BROUTILLES

Après réflexion, certains agacements me semblent ne pas mériter grande attention :

– Le fait que l’actrice choisie, Roxane Duran, ait six ans de plus qu’Anne Frank n’avait lorsqu’elle a commencé à écrire son Journal. Mais quelle fraîcheur !

– La théâtralisation extrême du jeu de Francis Huster dans le rôle du père, à travers qui toute cette histoire est revécue. Mais dans quelles circonstances une telle dramatisation pourrait-elle mieux se justifier ?

– L’univers musical – Glen Miller, Rina Ketty – mis en avant  et dont il semblerait curieux que les protagonistes aient pu, dans la réalité, le partager. Mais pour nous, quel écho contrasté d’une époque! Read the rest of this entry »

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« LA DERNIERE BANDE« , pièce de Samuel Beckett, a été créée à Londres, en 1958. Le futur Prix Nobel de littérature avait 48 ans. C’était un an après « FIN DE PARTIE »; et trois ans avant « OH LES BEAUX JOURS ». Le point de départ de la pièce : chaque année depuis très longtemps, le jour de son anniversaire, un intellectuel enregistre sur bande magnétique quelques impressions à propos des douze mois écoulés; et réécoute des enregistrements anciens. Cette année-là, l’ours reclus et silencieux redécouvre, au détour d’une très vieille bande, qu’un jour il a aimé…

LES RIENS ET LE TOUT

Beckett, c’est le théâtre des petits riens mais des petits riens qui sont le marchepied de l’essentiel : la préhension physique, psychique, morale, de l’essence de la vie et du mystère de la mort. Avec des riens, Beckett plonge au coeur de la solitude la plus aride; dans le creuset de la détresse humaine, lorsque la vie fait presque définitivement relâche. Le temps à occuper prend une dimension irrésistiblement tragique, la vie ne reprenant un semblant de force que dans les piqûres de rappel d’un passé aléatoire. Et lorsque d’une lointaine jeunesse surgit un ersatz de grand sentiment, cet ersatz douloureux est violemment rejeté, avec tout le mépris porté aux illusions. Read the rest of this entry »

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On connaît l’argument de « LA CONVERSATION », le dernier livre de Jean d’Ormesson, adapté au théâtre avec la célérité de Bonaparte au Pont d’Arcole : un soir de l’hiver 1803-1804, Bonaparte, Premier consul, s’entretient avec Cambacéres, Second Consul. Le futur Napoléon explique au grand juriste-administrateur à quel point le système du Consulat à vie lui paraît bancal; et conclut à la nécessité d’instaurer un Empire, qu’il conçoit déjà comme conquérant et glorieux.

 

 

HORS NORMES

Le Bonaparte de Jean d’Ormesson n’est pas une figure abstraite. Cest un être vif, nerveux, impatient, véhément, d’une énergie contrainte ou libérée, et même parfois violemment libérée. Mais aussi, manipulateur, malicieux, drôle à l’occasion. Et, surtout, prodigieusement intelligent, visionnaire, en osmose avec l’Histoire, habité par la certitude d’avoir un destin grandiose. Jean d’Ormesson le peint comme rêvant déjà, en 1804, d’avoir le monde à ses pieds, quitte à faire la guerre à tous ou presque. La mégalomanie est là, creuset de l’inéluctable échec final. Read the rest of this entry »

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