Le cinéma de Singapour avec Carole Bouquet. Par Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie

La présence de Carole Bouquet a été jubilatoire ; en vaporeuse robe du soir orange, elle a ouvert la retrospective qui lui est consacrée dans le cadre de la semaine du Cinéma francais. Elégante, pleine de naturel et d’humour, avec son phrasé inimitable, elle a achevé de séduire les singapouriens qui la connaissent bien en raison de son rôle de James Bond girl en 1981 dans « Rien que pour vos yeux » avec Roger Moore. Entre deux éclats de rire, elle a souligné qu’avoir été une James Bond girl demeurait un « boulet » : elle a raconté comme le tournage avait été éprouvant « j’aime nager… mais patauger 3 semaines dans l’eau pour un baiser de Roger, c’est un peu trop », et de souligner que ses préférences vont a la tragédie, au théâtre « même si on joue Racine ou Shakespeare » cette trace Bond… isaante est indélébile. C’était une première visite officielle à Singapour, aux côtés de notre ambassadeur, Olivier Caron qui était tout frétillant de bonheur, bien que la belle Carole le dominat d’une demi-tête, telle une Annapurna devant le Puy de Sancy… Avec la délicatesse qui le caractérise, le chroniqueur du Times local a souligné qu’elle avait 54 ans mais en paraissait 40. (traduire : a-t-elle été relookée ?).

Ses films récents les plus connus ici sont « Trop belle pour toi » ainsi que « Rive droite, rive gauche » et un film très drôle qui n’a pas eu beaucoup de succès en France, mais qui fait beaucoup rire les Asiatiques « Travaux » de 2005 dans lequel elle est une avocate un peu dévergondée qui entreprend la rénovation de son appartement avec des travailleurs immigrés : a mi-chemin entre le burlesque et le rêve… surtout à la toute fin lorsque Hugues Grant trouve l’appart « beautiful »…

Bref, on espère ici une seconde visite de pied ferme. En attendant la location est ouverte à l’Opéra pour un « Don Giovanni » en Italien par des stars chinoises, avec des sous-titres en anglais et en mandarin. Ce devrait être grandiose. La location pour le Grand Prix de F1 de septembre prochain est également ouverte : c’est cher, mais très beau et original si on aime le bruit, car nocturne en raison du climat. Quasi nocturne aussi le Marathon qui a eu lieu le 4 décembre et a envahi la ville de manière fracassante : 64.000 participants en tout, dont plus de 20.000 pour les 42, 195 kilomètres. « C’est trop » déclare la ville, qui pour son prestige de capitale mondiale est désormais dans le grand cirque des « évènements sportifs mondialisés ». On réfléchit à une modification substantielle ; cela coûte aussi un argent fou, pour un résultat assez mitigé. Les Kenyans ont une fois de plus tout gagné ; les premiers départs ont eu lieu à 4 heures du matin, la grande épreuve a commencé ses placements a 6h30. Le dernier arrivé s’est présenté à 13h30. En gros, la ville n’a pas dormi de la nuit .

Au fait, savez-vous le pourquoi de ce chiffre idiot, 42, 195 ? Au debut des J.O. c’était, tout comme dans l’histoire antique, 42. Mais au J.O. de Londres (1904, je crois, à vérifier) la Reine Mary a trouvé que l’arrivée était trop rapide et que ses enfants « n’avaient pas le temps de voir les coureurs ». Elle a donc exigé que ces malheureux qui s’étaient déjà appuyés 42 bornes avec des galoches pas possibles (pas de Nike ni d’Adidas à cette époque) fassent un tour de piste complet et comme les 200 yards britanniques font, en gros 195 mètres, on se retrouve avec ce chiffre idiot. Inutile de dire qu’elle ne les a même pas pressés sur sa poitrine endiamantée.

Ah, j’oubliais : la doyenne de Singapour a rendu l’âme avant-hier : cette délicieuse petite mamy avait 113 ans.

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