Singapour cinéma. Par Françoise Thibaut

Singapour mène une vie culturelle débordante, sur 3 ou 4 sociétés (la chinoise, l’indienne, la malaise, l’occidentale), fête toutes les fêtes, joue toutes les musiques, voit tous les films, lit tous les livres, visite tous les sites… cela n’arrête pas, dans une bonne humeur et une gourmandise du savoir peu égalées. Évidemment la production nord américaine tend a être écrasante ; mais Chine et Japon sont très présents, notamment dans la culture traditionnelle, l’art plastique, le design, la musique savante ou populaire. Récemment la « foire du livre  » a été une énorme manifestation, partout en ville, accompagnée d’une action sociale importante puisque chacun a été invité à distribuer aux moins aisés ce qu’il ne jugeait plus digne de sa bibliothèque : 350.000 livres ont ainsi été redistribués à 28.000 personnes et à des associations. Les festivals de musique occidentale vont bientôt laisser place, pendant le mois du Nouvel An chinois au festival d’Art asiatique. L’Opéra chinois est un délice, si on sait bien le prendre.

Au-delà de la crise européenne de la dette – laquelle commence a réellement inquiéter les Asiatiques, car par un effet de domino, elle commence a affecter leurs propres activités – la France se distingue en ce moment par une présence discrète mais assez jolie. Le français est désormais, comme en Australie ou aux US une langue « snob » de la classe moyenne. Profitons en ! depuis Novembre il y a eu le « french Festival » avec ses manifestations variées, de la bouffe à la couture, en passant par le théâtre, la musique de chambre, les livres pour enfants, et le champagne… Et il y a des prolongations : Le Musée d’Orsay continue de prêter quelques merveilles jusqu’au début février, ( avec des films, des affiches, des livres), l’Opéra de Paris produira « Gisele » début février au City Hall (c’est déjà plein). Enfin, le French Festival se termine par une semaine CINEMA Français dont le sponsor est la Banque Privée de la Société Générale  (tiens ? on croyait que c’était l’enfer a la SG ?)

La France présente dans divers cinémas et a l’Alliance Francaise une dizaine d’opus de sa dernière année de production. Après la visite éclair mais étincelante de Carole Bouquet (que les Asiatiques connaissent bien), dimanche a vu apparaitre Catherine Deneuve, vêtue d’un sweeter léopard ; elle a déjeuné au Raffles Hotel (haut lieu français, on ne prend pas de risques), très aimable et souriante, toujours un peu distante. Elle a surtout parlé de sa cigarette électronique et de son admiration amicale pour Gérard Depardieu. Venue présenter « Potiche » et « les bien aimés » (Pas de quoi se relever la nuit) mais, bon, c’est Catherine Deneuve. Elle sera la reine d’Angleterre dans le prochain Astérix . Évidemment, c’est pas du Bunuel, ni même du Téchiné. Il y a aussi Polisse dans la sélection. La « grande dame du cinéma français  » (tiens ? elle a remplacé Jeanne Moreau) a aussi parlé de son amour du cinéma asiatique qu’elle connait bien et on a évoqué « Indochine » de Warnier, évidemment, qui a été en grande partie tourné a deux pas d’ici, dans la Maison Bleue de Penang en Malaysie. Voilà, tout cela c’était très bien, très franco-français. Mais a 15 heures, il y avait le concert mensuel de l’orchestre symphonique chinois, avec la musique de « hero » et tout le monde est parti.

Ou elle est Catherine maintenant ?

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