Remise des prix du Concours Philippe-Senghor à Phnom Penh.

Le texte suivant nous a été envoyé par Colombe Anouilh d’Harcourt, présidente du Concours Philippe-Senghor qui se tenait cette année au Cambodge et qui a été soutenu par sa Majesté le Roi du Cambodge dont Canal Académie a retransmis la réception sous la Coupole le 12 mars 2010.

« Ce matin nous avons vraiment eu une superbe remise des prix du Concours Philippe-Senghor à Phnom Penh avec 1000 personnes, ce fût royal et impressionnant ! L’ Ambassadeur de France M. Christian Connan, le Ministre de l’Éducation de la Jeunesse et des Sports M. IM Sethy et moi-même, avons remis des diplômes et des cadeaux à plus de soixante dix jeunes élèves cambodgiens en présence de leurs professeurs et des directeurs d’école. L’organisation de cette cérémonie par le Ministère de l’Éducation et l’ Institut français fût d’une exceptionnelle qualité. Mme Yamina Benguigui, Ministre déléguée à la Francophonie qui devait présider aussi cet évènement a été retenue à la toute dernière minute par le Président de la République M. François Hollande, car le traité qu’elle devait signer à Phnom Penh n’était pas encore prêt. Les Services de l’ Ambassade de France avaient déplacé spécialement pour elle la fête du 14 juillet pour le 13. Donc après l’ audience émouvante de cinquante minutes que sa Majesté le Roi m’avait accordée, nous avons à l’Ambassade fêté le 14 juillet un vendredi 13 !

Toutes les éditions du Concours Philippe-Senghor ont été déposées à la médiathèque de Phnom Penh; le 23 juillet nous avons organisé avec la direction d’Apesca-Enfants d’Asie une présentation du Concours qui a été suivie d’un goûter avec les enfants, qui à cette occasion nous ont offert un superbe spectacle. »

 

Colombe Anouilh d’Harcourt, présidente du Concours Philippe-Senghor.

 

Autres photos ci-dessous :

S. A le prince Tesso SISOWATH (Secrétaire d'État), Colombe Anouilh d'Harcourt, sa Majesté le Roi du Cambodge, Isabella d'Harcourt

 

S.Ex L'Ambassadeur de France M. Christian CONNAN, Le Ministre de l'Éducation, de la Jeunesse et des sports M. IM Sethy

 

 

Discours prononcé par Mme Colombe Anouilh d’Harcourt, Présidente du Concours Philippe-Senghor, le 12 juillet 2012 à 10h 30 à l’Institut national de l’Éducation de Phnom Penh-Cambodge

« Monsieur le Ministre, Altesse, Excellences, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers professeurs et chers enfants.

Cela fait plusieurs mois que j’attendais ce moment et aujourd’hui je peux enfin clamer : « Cambodge, me voici » je dois vous dire que c’est aussi le titre de l’excellente  pièce de théâtre de Jean-Baptiste PHOU qui est présent parmi nous,  permettez-moi de vous conseiller vivement d’aller voir son spectacle à l’Institut français à Phnom Penh dans quelques semaines.  

Comment vous exprimer mon émotion d’être avec vous aujourd’hui, pour que nous célébrions ensemble cette  remise du Concours Philippe-Senghor ?

Mes remerciements et ma gratitude vont vers vous Monsieur le Ministre de l’Éducation M. IM Séthy ainsi qu’à vos Services qui ont aussi merveilleusement œuvré avec patience à la réalisation de cette cérémonie à l’Institut national de l’Éducation, j’aimerais remercier en particulier Mme Phoeurng Sackona, M. Neang Muth, M. Sam Or Angkearoat et M. Sun Mao.

Altesse, cher prince Tesso, c’est à vous que s’adressent également mes remerciements pour votre indéfectible soutien et précieuse aide à la réalisation de cette remise de prix nationale dans votre pays. Votre parent, sa Majesté le Roi Sihanouk fut avec son grand ami le président Léopold Sédar Senghor l’un des membres fondateurs de la Francophonie. Le Concours Philippe-Senghor porte le nom de son fils et de mon ami trop tôt disparu, il a été tout spécialement créé pour les plus jeunes de la Francophonie mais aussi en hommage aux Senghor.

Excellence, c’est à vous et à votre épouse Anne-Marie que s’adressent aussi mes remerciements. En 2007, lorsque vous étiez en poste en Haïti, nous vous avions proposé le Concours pour la première fois, vous aviez avec vos Services œuvrés à son succès, il en fut de même en 2008 et 2009. Et aujourd’hui j’ai le très grand plaisir de vous retrouver au Cambodge. Vous n’avez eu de cesse, depuis plusieurs mois, vous et vos Services, d’apporter toute l’aide nécessaire à l’organisation de cette manifestation qui nous réunit aujourd’hui.  Que Sophie Cécilia, Nearyroth Kun, Blandine Chaudon et Stéphanie Seng trouvent ici, elles aussi, l’expression de mes remerciements et de ma gratitude. 

Mon estime et mon amitié s’adressent également à nos deux principaux partenaires : la Délégation générale à la langue française et aux langues de France  du ministère français de la Culture et de la Communication (la DGLFLF) et à l’Organisation internationale de la Francophonie (l’OIF) pour leur soutien indéfectible depuis la naissance du Concours, en 2006. Sans leur  aide financière, le Concours n’existerait tout simplement pas.

Il me faut également remercier de tout cœur  les amis et complices qui m’accompagnent depuis toujours et celles et ceux qui, au sein des Services culturels des Ambassades, des Instituts, de l’OIF,  des associations, des ministères et des maisons d’éditions.

À tous ces amis et complices que je n’aurais garde d’oublier, les responsables de l’École internationale du Rosey, en Suisse, l’école qui m’a permise, élève, de faire la connaissance de Philippe Maguilen Senghor et de sa famille.

De même je remercie pour les livres cadeaux offerts aux lauréats, M. Claude Riva de la maison d’édition « L’École des Loisirs »,  Mmes Catherine Bon de Sairigné et Karine Cornavin de chez “Gallimard jeunesse”, le  Dt Khoury et son épouse Marie-Thérèse, fondateurs de cette remarquable édition de bandes dessinées francophones “Adonis-Romans de Toujours” que je recommande à tous vivement de découvrir aussi. 

J’ai appris avec regret hier que Madame la Ministre déléguée à la Francophonie ne pouvait plus être des nôtres aujourd’hui. Il est vrai que je me réjouissais de la rencontrer pour la première fois, ici, à Phnom Penh mais les dieux en ont décidé autrement. Cette fête reste très belle, grâce à vous, Monsieur le Ministre, grâce à vous les enfants et les professeurs car vous êtes les véritables héros de cette manifestation.

En effet le Concours Philippe-Senghor donne vie et sens à la Francophonie auprès des publics scolaires  et tout particulièrement auprès des enfants, ces « acteurs du futur ». De notre futur. Après cinq années de fonctionnement et face à l’indéniable succès remporté en Francophonie, le Concours demande désormais à bénéficier d’un support logistique solide et constant. Son initiatrice, votre servante, et sa petite équipe de bénévoles ne peuvent plus raisonnablement faire face à «  sa montée en puissance » et assurer seuls la pérennisation que son succès appelle.

En effet, implanté dans plus de dix pays représentatifs de l’espace francophone, il est appelé à se développer dans les années à venir auprès d’une jeunesse scolaire en constante augmentation ; Le Concours ne peut désormais fonctionner que s’il bénéficie du soutien d’une institution qui a compétence et vocation à mener des activités d’envergure au bénéfice de la communauté francophone.

La philosophe, psychanalyste, féministe, Julia KRISTEVA, dans un colloque sur la créativité des enfants, recommandait aux autorités et aux organismes concernés de leur apprendre dès leur plus jeune âge au moins deux à trois langues dans le but de leur donner une fluidité plus grande dans leur raisonnement et les amener à une compréhension universelle du monde. En écrivant la suite du conte du Concours Philippe-Senghor proposé chaque année par un nouvel écrivain francophone, les enfants stimulent ainsi leur inventivité dans une autre structure du langage. Cette polyphonie de sensations et d’appréciations du monde enrichit les enfants d’une nouvelle expérience culturelle qui stimule l’inventivité et la création chez l ‘enfant.

Je terminerai mes propos en vous lisant le témoignage de Melle Jessica Oublié qui travaille pour le Ministère de l’Éducation et fait vivre si merveilleusement bien le Concours Philippe-Senghor au Bénin :

« Le concours scolaire Philippe Senghor a été l’occasion au Bénin de redonner un peu plus de place à la parole de l’individu dans des établissements publics qui comptent parfois jusqu’à 80 élèves par classe. Il a été l’occasion de renouveler la vision des enseignants sur la relation maitre-élève et plus encore sur les objets même de l’apprentissage. Comment concilier jeu et enseignement / apprentissage dans une culture béninoise où la figure charismatique de l’incontestable enseignant est la seule qui ait valeur d’autorité et surtout de savoir ?

Avec ce concours, pas de bons ou de mauvais élèves, pas de premier ou de dernier de la classe, tous ont de la motivation et de l’imagination. Grâce à ce concours, les élèves du Bénin doivent apprendre à composer avec les différences sociales, culturelles, ethniques, voire sanitaires qui composent la mosaïque-classe. 

Cette année, des enfants en situation de handicap participeront avec leur classe à ce projet. Des enfants en échec scolaire, en zone péri-urbaine ou en situation difficile y prendront part. Encadrés par leurs enseignants et animateurs, ils auront la possibilité d’exprimer leur vision du monde à travers de nouvelles lunettes, des lunettes qui se passent de notation, l’objectif n’étant ni de décrocher un A ou un 19/20, mais de réduire un peu plus, avec nos propres moyens, les frontières mentales qui séparent nos enfants d’ici des enfants d’ailleurs. Je vous remercie. »

 Colombe Anouilh d’Harcourt

 

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